La plume à la patte

Quand la petite souris se met à écrire...

12 mai 2008

Le concert (1ère partie)

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Ce soir-là, au dîner, le directeur de l’hôtel nous invita cordialement à assister au spectacle qui se déroulerait le soir même, au grand salon.  Les conditions météorologiques étant particulièrement mauvaises pour la saison, il avait fait appel à un ensemble de musiciens pour égayer l’atmosphère par des chansons parisiennes.  Son invitation souleva peu d’enthousiasme parmi les estivants blasés et aigris. Moi-même, je n’étais pas trop convaincue. Je n’avais jamais entendu parler de ce groupe, et encore moins de la chanteuse, qui semblait-il possédait de grandes qualités d’interprétation.

Rendue morose par la pluie incessante et l’observation du ciel plombé, je décidai d’assister au concert. Je ne me fis pas d’illusions. Je m’attendais au mieux, à une prestation honnête. 

Je n’étais pas trop inquiète pour mes jeunes enfants. L’infrastructure du centre était adaptée à leurs besoins, et l’aire de jeux n’était pas très éloignée de l’endroit où nous devions nous rendre.  S’ils étaient trop fatigués, ils pourraient rejoindre seuls, leur chambre. J’avais confié la clé et quelques pièces de monnaie à mon aînée.

Après le repas, je montai au duplex, pour me rafraîchir et étrenner ma nouvelle petite robe blanche et turquoise, mis mes sandales blanches et passai un coup de peigne dans mes cheveux ébouriffés.  Je me disposais à passer un moment très tranquille, à oublier les tracasseries du bureau, le stress des examens de fin d’année, et la constante mauvaise humeur de mon époux, resté à la maison pour cause de travail.

Je gagnai la salle et comme j’étais largement en avance, je choisis une place très confortable au premier rang. Je ne vis qu’une dizaine de personnes occupant la presque totalité de la troisième rangée. Je consultai le programme qui nous avait été remis et attendis.  Le répertoire était intéressant. Les chansons sélectionnées parlaient d’amour, d’ivresse, et de nostalgie. J’avais envie soudain, de me détendre pour participer totalement à cette fête et la vivre dans tout mon être.

La pièce se remplit progressivement. L’arrivée des membres de l’orchestre suscita quelques timides applaudissements.  Ces messieurs en smoking gagnèrent le podium.  Ils nous saluèrent d’un bref hochement de tête. A peine installés, l’attention du public fut à nouveau tirée par l’entrée d’une très petite femme, de mise fort simple.  Le visage très pâle de la chanteuse m’avait interpellé.  Elle semblait très fatiguée et plutôt mal à l’aise.  Je vis le tremblement de ses mains.  Elle lançait un regard perdu embrassant l’assemblée tout entière.  Personne ne bronchait. Dans l’épais silence qui s’était crée, je retins mon souffle. La tension était palpable.

Soudain jaillirent du néant, le doux chant du violoncelle, un air joyeux d’accordéon suivi par la voix un peu rauque d’un contralto.  La musique était fort belle.  La voix s’affermit et avec une puissance maîtrisée, elle monta graduellement jusqu’à nous. C’était époustouflant !  Je perçus un mélange parfait de douceur et de force dans chacun des morceaux qu’elle nous offrait.  Sous son apparence plutôt quelconque, je reconnus une artiste au talent indéniable.  Et je remarquais combien son regard fiévreux, hanté, exprimait à la fois joie et tristesse.

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La vedette de la soirée interpréta avec beaucoup de savoir-faire, la musique de la Grande Epoque.  Le public était très enthousiaste.  Moi, j’étais transportée ! J’avais reçu en don, le partage d’une confiance inébranlable et d’une foi sans limites...

Posté par Sourifleur à 14:29 - contes et nouvelles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Le concert (seconde partie)

La seconde partie du concert était tout aussi passionnante.  La musique s’était adoucie.  Elle offrait davantage de tendresse et d’abandon.  J’avais envie de pleurer, je ne sais pas trop pourquoi. Je pensais à certaines paroles blessantes, à l’absence d’un être cher…J’avais l’impression que l’artiste s’adressait à moi et qu’elle me connaissait.  C’était plutôt présomptueux de ma part.  Je n’étais qu’une inconnue pour elle, une parmi d’autres.

Cette nostalgie dura jusqu’à la fin de la soirée.  Lorsque P. nous salua chaleureusement avec ses compagnons sous une salve d’applaudissements cette fois, je n’eus qu’une envie : lui acheter un cd-souvenir et surtout tenter de lui adresser quelques mots.

Je me sentais gauche et embarrassée. J’attendis

Une bonne demi-heure plus tard, l’équipe nous rejoignit dans la cafétaria.  Les musiciens s’étaient rhabillés et boutonnaient déjà leur pardessus.  Ils avaient hâte à partir.  Ils attendaient leur compagne, restée assise près d’une table.  Elle tirait quelques bouffées de sa cigarette en attendant d’éventuels acheteurs.  Timidement, je l’abordai.  Elle m’invita à m’asseoir en face d’elle.

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Nous parlâmes de la soirée, et de la réaction favorable du public. J’y ajoutai mes félicitations personnelles et lui demanda un exemplaire de son unique CD.

Je ne voulais pas prolonger inutilement la conversation parce qu’il était déjà fort tard et je savais que le groupe avait encore un long trajet à effectuer pour rentrer.

P. me demanda si je désirais un autographe. Je répondis par l’affirmative et pendant qu’elle griffonnait quelques mots sur le livret qui accompagnait le compact, je lui confiai que tout artiste qui se donnait entièrement comme elle venait de le faire, me touchait profondément. Elle me répondit que mes paroles lui faisaient du bien parce que pour elle aussi, c’était important d’être reconnue et appréciée.  En me disant ces paroles, elle me regarda avec une certaine instance. Un peu mal à l’aise, je pris le disque qu’elle me tendit et payai. Quand elle me vit ouvrir le boîtier pour lire son message, elle me demanda de postposer ma lecture. Je me levai en glissant le CD dans mon sac.

A mon grand étonnement, P. se leva en même temps que moi - personne en effet, n’était venu acquérir un enregistrement de ses chansons..- en m’adressant à nouveau la parole :

« C’est parfois très dur, cette vie.  Je voudrais donner le meilleur de moi-même d’une façon chaleureuse et trop souvent, un véritable mur se dresse entre les autres et moi.  Les  gens sont froids.  Dans de pareils moments, je me sens terriblement seule et ma fatigue est plus lourde à porter.  Et malgré tout, je dois toujours rester moi-même, et chanter avec toute mon émotion, autrement, je renie tout ce qui est beau, tout ce qui compte réellement. »

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J’entendis réellement ces paroles et sentis à quel point certaines personnes possèdent la capacité naturelle de donner jusqu’à l’épuisement de toutes leurs ressources. Très calmement, je lui répondis :

« Je sais cela. Je connais cette solitude. Et contrairement à vous, j’ai renoncé. A quoi cela sert-il d’aimer, de ressentir, si tout le monde est indifférent ?  J’ai chanté moi aussi, mais j’ai laissé tomber.  Comme vous, je ressentais tout mais je n’ai trouvé ni compréhension, ni chaleur humaine. C’est fini, maintenant. »

Elle me parla une dernière fois, d’une voix très douce :

« Non, toi tu te persuades que c’est fini. Mais tu sais que ce n’est pas vrai. Sinon, tu serais indifférente, et tu ne serais pas si triste ! »

Je n’objectai pas.  Elle avait raison.  Et je la regardai ouvertement dans les yeux, cette fois.  Elle me sourit.

Je lançai un regard en direction de ses collègues qui attendaient patiemment.  Mon interlocutrice comprit mon invitation, rassembla ses affaires en toute hâte, et me salua. 

En montant à l’étage, j’étais toute émue encore. Je revivais les moindres détails de cette soirée, et ne cessai de m’interroger, pour comprendre…

P. m’avait ouvert la porte..

Une fois arrivée dans ma chambre,  je vérifiai le bon sommeil des enfants, me déshabillai et pris le CD pour lire le message que mon amie d’un soir m’avait laissé..

Et là, pour la première fois depuis longtemps, tout en versant quelques larmes de fatigue, je me mis à espérer….

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Juillet 1999

Posté par Sourifleur à 14:28 - contes et nouvelles - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mai 2008

de la Musique

Allégorie Baroque

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La Voix humaine règne depuis toujours sur ce lointain royaume où l’archiluth est Roi. Elle est belle, capricieuse et sensuelle.

L’époux vertueux suit sa Dame dans ses moindres déplacements.  Compagnon fidèle, le vieil homme soutient sa bien-aimée dans ses moindres épreuves.  On ne connaît mari plus sage, ni plus tolérant.

En ce moment précis où commence l’histoire du grand Compositeur, la Noble Femme hésite sur le pas de sa porte.  Son cœur inconstant souffre.  Un ange, tenté par ses appâts, a daigné lui refuser ses avances;  Il était inapte à éprouver La moindre volupté dans sa chair toute virginale.

La séductrice délaissée se sent un peu fragile, elle risque quelques pas et se dirige vers les jardins, toujours accompagnée. Elle a besoin d’être entourée et très souvent entretenue.

Son cœur meurtri ne trouve aucun apaisement dans l’air suave d’une fin d’été et lance d’incessants appels pour attirer à elle, une quelconque créature consentante et accessible.  Une petite flûte lui répond, et lui insuffle gentiment un très doux message.  La fille de Pan se fait lascive. 

L’épouse charmée se laisse bercer par le chant de la nymphe au cœur tendre et effleure sa joue rebondie et vermeille.  Elle admire à l’envi, son jeune corps étroit et lisse, mais à peine rassasiée par le charme de la jouvencelle, elle l’envoie d’une chiquenaude, rejoindre les bergers.

La petite s’en va, gambadant à travers les hautes herbes, s’approche tranquillement des compagnons de son père en modulant quelques trilles aigues. Une cascade de roucoulements lui fait écho.  Elle se termine sur une note très ample et tenue.  La diablesse se consume.

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De loin, la Dame observe la parade et feint d’essuyer une larme, au grand dam de son Seigneur et Maître. Elle murmure un vœu et pleure sur sa jeunesse perdue. Aime-t-elle ? Elle souhaite rentrer au palais.

Le clavecin lui apporte une couverture dorée.  Sa démarche est sautillante, un peu guindée.  Le petit page s’exprime délicatement, par touches, avec un raffinement extrême. Il en pince pour sa Patronne.  Il voudrait évincer Celui qu’il considère déjà comme un Ancêtre.

Il aime se mesurer au vieillard et prend l’habitude de jouer en exécutant mille cabrioles pour bousculer son rival.  Ses maîtres apprécient sa faconde et sa malice.  Il s’attarde souvent près du couple pour former un parfait trio.

La grave viole de gambe interrompt la petite réunion domestique.   Elle gronde. Elle annonce un bouleversement.  Les Dieux ont de leurs larmes, inondé la Vallée.  Le barrage qui retient les grandes Eaux, est sur le point de céder.

Un silence respectueux accueille cette nouvelle.  Le Compositeur a prévu quelques longs soupirs.

L’enfant tente d’égayer l’atmosphère. Il joue seul et s’arrêt enfin, tout ébahi de s’entendre en solo. Par la fenêtre, il lance un bref regard à la flûte toujours proche. Dans un dernier accord, il lui envoie un chaste baiser

courtisan.

La musique s’éteint et le Pays devient sombre.  Des nuages menaçants passent au-delà du quintette.  Des craquements sinistres se font entendre de partout. 

Le Panthéon, ivre de colère, frappe furieusement les tymbales.  Le Grand Compositeur est renvoyé à l’exil. Il emporte sa belle création dans sa tombe. Elle se décomposera avant lui

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Là-bas, dans la Cité des hommes, deux âmes ont entendu les gémissements de l’artiste et se sont retrouvées.  Deux corps frappés d’interdit ont trouvé grâce.  Leurs lèvres se rapprochent, leurs mains se touchent, les regards deviennent plus profonds, se reflètent l’un dans l’autre…D’un simple morceau de musique, l’Amour est né..

19 septembre 1998

Posté par Sourifleur à 19:25 - contes et nouvelles - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 avril 2008

l'entrée du Paradis

voici encore une adaptation :

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Un jour, un veuf noble, riche et bon, décide de vendre une partie de ses biens aux pauvres et s'en va pour un long voyage... monté sur un petit mulet. Il n'a qu'un objectif en tête : atteindre la Montagne Sacrée, et boire à la source d'Eau de Jouvence...Après avoir traversé monts et forêts, effrayé quelques brigands par sa grande dextérité à l'épée, il rencontre un jeune homme recherché par les gardes, pour avoir volé une coupe d'argent au Maître d'Armes. L'homme mûr a pitié de l'adolescent en fuite et le prend sous sa protection. Les années passent...Dépités, les deux hommes se rendent compte que leur recherche restera vaine..Affaibli par le désespoir qui s'installe en lui, Messire Thibaut n'aspire plus qu'à rejoindre le ciel pour y retouver sa compagne... Johan, son Ami dévoué, devenu beau et fort grâce au produit de ses rapines, lui propose de l'y accompagner...Le petit âne les suit, traînant péniblement derrière lui, le poids de son grand âge..
Les voyageurs arrivent devant une immense plaine verdoyante, couverte d'une nuée opaque, de loin, ils entendent une très douce musique...Une brume épaisse recouvre les alentours...
Soudain surgit devant les voyageurs ébahis, un grand homme vêtu d'un robe de bure....
-Mon frère, dit Johan d'un voix énergique, qu'ouis-je donc, une céleste musique! Serions-nous donc aux portes du Paradis?
-Oui, mon Ami, Dieu a exaucé la prière de votre Maître.....Entrez, Messire Thibaut....
-Je voudrais proposer à mon gentil mulet et à mon meilleur Ami, de me précéder..
Le moine se fâche tout rubicond et invective celui dont la réputation est douteuse...
-Il n'en est pas question, point de place ici, pour les voleurs et les têtes de mules!
Là-dessus, les trois se détournent du saint homme vitupérant et tristement , ils reprennent leur chemin..
Trois jours plus tard, ayant toujours marché droit devant eux, dans une zone aride, ils débouchent sur une étendue identique, et entendent le même chant d'anges..
Un moine qui aurait pu être le frère jumeau de leur précédent interlocuteur, se présente à eux..
Et un dialogue quasi identique au premier s'ensuit..
Mon frère, dit Johan d'un voix un peu plus fatiguée, il me semble avoir entendu une musique céleste! Serions-nous donc aux portes du Paradis?
-Oui, mon Ami, Dieu a exaucé la prière de votre Maître.....Entrez, Messire Thibaut....
Cette fois, le gentilhomme répond:
-Je ne puis franchir cette entrée en laissant derrière moi, mon fidèle compagnon à quatre pattes et mon Ami de coeur, pouvez-vous nous accueillir tous les trois?
-Mes Amis, fait le moine en souriant, vous êtes ici au Paradis, il y a de place pour tout le monde.....
Messire Thibaut pose une dernière question à l'homme de Dieu...
-Vous savez, qu'il existe à trois jours d'ici, un endroit pareil au vôtre, mais là-bas, il n'y avait pas de place pour mon Ami, païen et pécheur, et pour mon cher bourricot...!!
Le gardien met son bras autour des épaules du vieillard et lui répond..
-Croyez-vous que le Royaume de Dieu exclut les vrais Amitiés et les petites créatures à quatre pattes qui nous servent fidèlement et avec plein d'affection?
Sur ce, les trois voyageurs entrent dans la Paix et le Repos Eternels..

Posté par Sourifleur à 10:34 - contes et nouvelles - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le nouveau

une nouvelle un peu cynique : le nouveau

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-Bonjour Docteur, comment se comporte votre nouveau sujet?
-Bien, très bien, Magdalena! La greffe est une véritable réussite! Mon cobaye a failli m'agripper quand je lui ai administré sa première perfusion, mais à présent il est sage comme une image!
-Ouf! Je n'en pouvais plus de voir tous ces pauvres cadavres dans votre laboratoire!
-Je leur ai payé des funérailles décentes et une plaque commémorative, ils sont morts en héros, pour le progrès de la science!
-Oui, mais quand même, 43 victimes, c'est beaucoup!
-Ma très chère, le progrès n'a pas de prix, pour ces pauvres hères, détenus, clochards, condamnés à plus ou moins longue échéance; la mort leur doit être plus douce que leur ancienne existence pourrie!
-J'ai peur Docteur, vous savez ce qui est arrivé à votre cousin Victor!
-Oui, il a eu la folie des grandeurs et il a voulu créer une nouvelle espèce humaine, moi je ne vois pas les choses de si haut!
-Mais voilà que Trésor se réveille, n'est-il pas beau?

L'infirmière tressaille d'effroi en regardant le grand primate qui s'étire en baillant en prononçant les mots tant attendus : "qu'est-ce que je fais ici, moi?"

Très vite le médecin lui ajoute des calmants dans sa perfusion!

-Tu vois, il a retrouvé l'usage de la parole, le cerveau fonctionne! Bien entendu, je devrai tout lui expliquer. Son corps était foutu de toutes façons, c'était un jeune garçon, victime d'un accident de voiture, seule la tête était indemne!
-Et que faisait-il dans la vie? Avez-vous des renseigements sur lui?
-Il avait 15 ans et comme tous les gars de son âge, il était accro aux jeux videos!

Le docteur Kristof-David-Stéphan Frankenstein était réjoui! Il avait enfin trouvé son partenaire

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Posté par Sourifleur à 10:32 - contes et nouvelles - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

j'ai une idée

j'ai rédigé cette petite nouvelle humoristique également sur mon forum

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Carnet intime de Mélissa VanParis, starlette locale...

Vendredi 13 (le mois est illisible)...

..........Je me demande bien ce que je pourrais faire ce soir...Bernard a rendez-vous avec une fille, Sylvie veut aller au sauna! Ca ne me dit rien, tout ça, et en plus je n'ai pas envie de rencontrer Yvonne, pas maintenant, pas après ce qu'elle m'a fait, tantôt.
....je téléphonerais bien à Jeannine, mais elle déprime ferme, je ne sais pas quoi lui dire à la fin, et puis, elle me donne le cafard...elle est tellement égocentrique!...

...Mon mari aurait pu choisir un autre moment pour passer un week-end gastronomique avec ses potes, que vais-je faire sans voiture, je n'ai même plus de nouveaux DVD, et pff...j'en ai marre de lire, ce soir, et les cancans sur msn ne m'emballent pas non plus! Mais que vais-je faire pendant tout ce temps, il n'y a rien à la télé, en plus! C'est la poisse!...

...Je ferais bien quelque chose de complètement délirant, tiens, je ne sais pas.....tél à un numéro inconnu et voir ce qui se passe! Ou aller sonner chez les voisins que je ne connais même pas...

Mais je n'ai pas ce courage!

Je ne sais pas ce que je dois faire!

Et là, chers amis, vous qui ne manquerez pas de me lire un jour, je dois vous dire que l'idée m'est venue, d'une façon tout à fait inattendue : une idée brillante, géniale, et qui allait tellement de soi, quand j'y pense! J'ai tél à ce long numéro que j'ai trouvé dans TV+ et après une attente qui n'en finissait pas, j'ai donné toutes les réponses à leur jeu et.....je le sentais, elles étaient justes! C'était mon jour de chance! Je les ai gagnés, les 1.OOO euros et le voyage aux Seychelles, pour deux personnes, pour une semaine! Tout est arrangé, je pars demain, avec mon esthéticien. C'est normal, il a été bien gentil de me laisser venir à son salon, ce soir, en urgence! On s'entend bien, en plus!

Et si mon mari râle, je peux toujours demander le divorce! C'est parfois bon de changer ses habitudes!

La vie est belle!


PS ajouté par le mari de la victime, inspecteur de police : je sentais bien qu'elle me cachait quelque chose et j'ai inventé ce week end entre copains pour mieux observer ses faits et gestes. Je l'ai vu sortir de notre penthouse pour se rendre dans la boutique de ce bellâtre de Julien. Je n'ai pu la retenir...Elle est entrée chez lui et il a frappé...Oui, je le soupçonnais depuis longtemps, ce Julien, d'être le tueur qu'on recherchait! J'ai pu le coincer, heureusement, mais elle je n'ai hélàs pu la sauver, elle......je me demande ce qui lui a pris, quand même.......
FIN

Posté par Sourifleur à 09:59 - contes et nouvelles - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Une journée au soleil

Une journée au soleil (histoire fantastique créée pour un atelier d'écriture sur mon forum c'est votre histoire- voir liens)

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Oxyna et Sanivel grandissaient vite. Leur famille d'accueil leur offrait tout ce dont ils avaient besoin, y compris la tendresse. Petit à petit, ces enfants de lignée royale oublièrent le bruit des armes et le grand homme qui avait décimé leur clan, en les épargnant, eux.
Les jumeaux vivaient dans l'ombre, ne supportant pas le moindre rai de soleil. Atteints d'une maladie génétique extrêmement rare, ils ne pouvaient sortir qu'à la tombée de la nuit. Ils passaient leur temps à jouer et à étudier sur leur pc portable. A 12 ans sonnés, ils avaient lu tout shakespeare, visionné un bon milliers de films.......et ils rêvaient beaucoup..
Quelques semaines après leur dernier anniversaire, leur désir de rencontrer d'autres jeunes, de vivre comme eux, de passer un seul jour au soleil, à la plage, l'emporta sur tout le reste. Faisant fi des bonnes recommandations de leur mère et du médecin de famille, ils s'évadèrent et prirent le premier train pour la mer, avec tout l'argent de poche qu'ils avaient pu économiser. Ils connaissaient l'itinéraire à suivre grâce au plan qu'ils avaient téléchargé précédemment.
C'était bon, voluptueux, même! Le frère et sa jumelle se sentaient revivre! Ils étaient comme les autres enfants! Ils courraient dans le sable et pataugeaient dans l'eau vivifiante, comme des petits phoques!
Pourtant ils connaissaient les risques. Ils savaient que la désobéissance leur pouvait être fatale!
Oxyna et Sanivel virent leur peau se couvrir de petits boutons, ils attrapèrent d'affreuses démangeaisons et comble d'horreur, leurs belles petites canines si blanches et bien acérées se mirent à pourrir et se déchaussèrent! Ils grelottaient de peur et de froid, soudain...Ils perdirent leur énergie, goutte par goutte..
Ils connurent la faim, et une soif atroce que rien ne pouvait apaiser!
Ils virent courir un tout petit enfant et il leur vint l'envie commune de le dévorer.
Pour la première fois dans leur vie, ils comprirent la cause du décès de leur famille d'origine..
Ils portaient dans leur sang impur, la malédiction de leurs ancêtres venus tout droit de Transsylvanie!
C'étaient de braves enfants pourtant, au coeur bon, deux êtres courageux et épris de vérité et de justice!
Ils jouèrent avec la toute petite fille jusqu'à l'épuisement total de leur forces et après lui avoir dit au revoir et l'avoir laissé repartir vers sa maman, ils se blottirent contre un monticule de sable, tout grelottants.....
Ils s'endormirent définitivement au clair de lune.....
Le soleil se leva sur deux petites fleurs rarissimes dans cette région........L'une avait une couleur rose, l'autre était bleu ciel, et elles avaient le parfum de la prime enfance.
Et caché derrière un nuage tout illuminé, deux petits anges, une fille et un garçon aux traits identiques souriaient.....
Et la petite (elle s'appelait Espérance) les vit et se mit à babiller
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Posté par Sourifleur à 09:50 - contes et nouvelles - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'Amie

L'Amie

Cette nouvelle est basée sur une histoire qui m'a été racontée et que j'ai entièrement adaptée..

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Une nuit, une femme un peu triste et solitaire fit un drôle de rêve: elle se trouvait dans le désert et regardant en arrière, ne vit que la seule trace de ses pas...
Déshydratée, épuisée, elle implora les anges et leur demanda ce qui lui importait réellement: une Amie, une âme-soeur...
Dieu l'exauça et lui fit rencontrer sa jumelle de coeur. Les deux Amies reçurent une coupe remplie d'un liquide clair en prime, et une manne céleste qui avait un goût de petit dessert onctueux aux fraises..
Cependant, un serpent venu de nulle part menaça les deux femmes, et trop effrayée, l'une d'elles s'évanouit...
Lorsqu'elle reprit connaissance, il n'y avait plus personne... Elle n'aperçut à nouveau qu'une seule trace de pas..
Elle pleura toutes les larmes de son corps car elle pensait que son amie l'avait abandonnée..ou pire, que le serpent l'avait engloutie..
Recroquevillée sur sa peine, elle sursauta quand sa jumelle vint par-derrière en lui posant la main sur l'épaule et en lui présentant sa coupe toujours pleine...
"Mais d'ou viens-tu?" dit-elle, "je ne voyais même plus la trace de tes pas, tu as disparu quand le serpent nous a agressées, est-ce toi qui l'a tué?".
Son Amie lui dit "c'est un ange qui a tué ce serpent et ces traces, ce ne sont pas les tiennes, regarde bien..........".

Et dans mon rêve, je vis (car la femme éplorée, c'était moi..) que les traces de pas étaient profondes et que c'étaient ceux de ma jumelle..........
Elle me dit : "j'étais toujours près de toi, pendant que tu étais faible, terrorisée, évanouie, pendant tout ce temps je t'ai portée...".

Posté par Sourifleur à 09:48 - contes et nouvelles - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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